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 « A l’âme qui chante dans mon âme »

P. Ce. M.
Merci

 

 

 

A NOTRE DAME

 

Patronne de la plupart de nos chapelles cobiathines

 

A Monsieur Henri Pradalier

Qui, pas à pas, à travers les étapes d'un long travail, m'a aidé, de toute la chaleur de son amitié et l'étendue de sa science, à réaliser ce projet.

 

A la mémoire du regretté père Louis Lebien.

 

A mes confrères, à mes amis, à tous ceux qui ont collaboré à cet ouvrage:

 

A vous tous, de tout coeur, je dis ...........  Merci

  

Père César Mourany

O.C.D.

 


Ordres des Pères Carmes Au Liban

 

  

Préface

 

Le savant amoureux, cette expression qui sied bien à l'auteur du livre que nous présentons, est tirée de l'introduction de l'ouvrage consacré à la ville et à la région de kobayath ou Cobiat. Il s'agit du P. César Mourany de l'Ordre des Pères Carmes au Liban.

 

Né en Syrie à Mhaïry dans la région de Kafroun, en 1937, Afif Mourany, enfant intelligent et bouillon, suit ses études au collège des Pères Carmes à Tripoli de 1949 -1953, achève les études de Philosophie et de Théologie, en Italie.

 

En 1963, César Mourany revient à Kobayath, comme par une attirance mystérieuse, y passe plus de trente ans et y déploie un service très actif dans l'éducation de la jeunesse, y fonde avec d'autres pères, un groupe Scouts du Liban avec une compagnie pour les Guides du Liban. Le mouvement Scout lui permet, au hasard des randonnées et des camps, de se familiariser avec la nature de ce site et de le parcourir dans tous les sens. Montagnes, vallées, forêts, gouffres, sources, faunes... rien ne freine cet amateur de la nature qui y découvre ses dons de poète y fait ses premiers essais poétiques, limpides comme les eaux d'une source à laquelle il se désaltère après une longue marche ou une escalade par un sentier à pic.

 

Mais une autre particularité de la région suscite sa curiosité insatiable: ce sont les ruines multiples d'églises, couvents, forts et citadelles, qui couvrent la vaste étendue du terrain, et qui restent, malgré leur éloquence, incompris ou ignorés des archéologues.

 

Après une licence en littérature française, et selon les aléats de ses charges et des ses déplacements, César Mourany, entreprend l'étude de l'archéologie, y passe sa licence, pousse vers le doctorat. Inscrit à l'Université de Toulouse - Le Mirail, il y défend sa thèse avec réussite en 1990.

 

Après de longues années d'attente, César Mourany, nous présente ici sa thèse remaniée et étoffée, ornée d'une centaine de cartes et de photos donnant une idée des sites fouillés, visités ou étudiés.

 

Dans ce livre, l'auteur nous donne le fruit de ses recherches et nous invite à parcourir à sa suite, les routes des caravanes ou des envahisseurs, les campagnes militaires avec leurs victoires ou leurs revers, à reconstruire par l'imagination, l'histoire de cette région très fertile, mais aussi très éprouvée par les circonstances politiques instables. Il nous permet de nous engouffrer dans l'épaisseur de son histoire, et de goûter avec lui, en savant amoureux, la douce poésie qui émane de cette nature merveilleuse et comprendre la paisible fierté du peuple de Kobayath.

 

Tout en félicitant notre auteur pour la publication de sa thèse, l'Ordre des Pères Carmes, qui a fêté il y a quatre ans, ses cent cinquante ans de présence à Kobayath, le remercie de ses efforts et espère que la parution de ce livre suscite dans le coeur des kobayatins une heureuse et scientifique curiosité pour continuer ce travail de recherche et de mise en relief d'un patrimoine, riche et varié, au plan religieux comme au plan historique.

 

P. Makhoul Farha, O.C.D.

Sup. Provincial

 

Dr. Fouad Salloum

 

 

Ainsi que l'ombre des arbres, glissant sur le sol desséché, traîne derrière elle sa fraîcheur, ainsi le Père César Mourany, en toute légèreté et douceur, a grappillé entre la poésie, les lettres et l'archéologie... En tout, il a brillé !

 

Où en est-il de la théologie, de la poésie et de l’archéologie ?

Tout petit, il a butiné la théologie au jardin du Carmel. Il a inhalé l'inspiration poétique dans le charme enchanteur de la nature cobiathine qui l'a grandi extasié: Il l'a chantée: poésie et prière.

 

De l'amour à la poésie, surtout ici, sur notre bonne terre, le passage est naturel: Le chant des merles, les ondelettes des ruisseaux, le bruissement des branches, le frémissement des marguerites... Poésie et amour vont de pair.

La poésie habite les vieilles pierres, enlace les volutes des arcades, embrasse les assises, amalgame les remparts, se projette dans les tours... Le Père César a été pénétré de la magie des anciens mystères répandus dans la vieille terre des hommes, notre terre. Cette terre que l'homme, dès ses premiers pas, a eu le soin de fouiller, de piocher, d'y construire: Il l'a enrichie comme elle l'a comblé, léguant à la postérité un riche héritage.

 

Ce livre du P. César, entre nos mains, est le fruit de son engagement religieux, de ses dons littéraires, et, de son affection pour Cobiath.

 

Le livre est, à l'origine, une thèse pour le doctorat en histoire de l'art soutenue en 1990 à l'université de Toulouse - le Mirail.

 

Il a attendu 18 ans avant de mettre sous presse, poussé par le souci de peaufiner l'étude, la prospection, la remise en cause, et, faire les changements nécessaires, toujours dans la perspective de présenter aux lecteurs un travail mieux performant.

 

Dans son avant - propos, le Père César déclare les raisons de son choix du sujet; à mon avis, il a d'autres motivations derrière son insistance sur la période croisée. Ceci l'a conduit à multiplier les détails concernant la position géographique et les circonstances historiques prédominantes dans la Damascène. D'où la subdivision du livre en deux larges parties, outre l'introduction, avant d'entamer, dans la troisième partie, l'art de l'architecture religieuse. Cette architecture a eu droit à tout le développement nécessaire dans le but de mettre au clair les raisons liturgiques qui sous-tendent la problématique de cette architecture, pour finir dans les généralités et la conclusion.

 

Personnellement, j'ai eu l'occasion de pénétrer quelques-unes de ses motivations profondes. Pendant plus de vingt ans, nous avons fait route ensemble à la tête du groupe scout cobiathin. Aussi nos multiples randonnées à travers le pays nous ont-elles dévoilé les nombreux vestiges militaires et religieux, épars ça et là sur l'immense étendue du territoire. L'oubli, les ronces et les broussailles les occultaient au regard. La difficulté d'y parvenir empêchait le dévoilement du mystère de leur multiplicité: quantité et nature. Epannée aux confins de Jabal Akroum et des montagnes des Alaouites, la région se recueillit brusquement au niveau de Nahre el Bared aux limites du Akkar, avant de continuer le déroulement de son étroit ruban le long du littoral libanais...

Il réfléchissait, il se posait des questions, ... Nous discutions... Parfois nous tombions d'accord, souvent nous étions différents: Nous formions nos propres convictions.

Il s'engagea, enfin, sur le chemin de la découverte scientifique, à la recherche de la vérité dans ses quartiers profonds. Mettant à contribution sa connaissance des langues étrangères, il aborda de nombreuses références réalisant ainsi un travail singulier par son professionnalisme et sa richesse. Quant à la valeur de la recherche scientifique chez le P. César en sont témoins:

 

- Une recherche méticuleuse et suivie sur le terrain.

- Des visites répétées et assidues aux monuments étudiés lui ont permis de faire des relevés très précis et de capter certains clichés qui ne sont plus abordables.

- Le recours aux références dans leurs sources en langues, française, italienne, latine, anglaise, en plus de l'arabe, langues dont aucun chercheur en archéologie ne peut réellement, s'en passer.

- le recours répété aux sources, la confrontation des textes, la discussion des diverses opinions et leur analyse l'ont conduit à des conclusions logiques et singulières.

- Le courage de ses opinions personnelles face à l'acceptation ou bien au refus des autres.

 

Il reste, enfin, à lui adresser un chaleureux salut quant au fond de sa conclusion: Le dialogue des civilisations, mieux, leur mariage à travers l'art, sont seuls capables de survivre aux vicissitudes du temps. Les armes finiront par s'éroder et se taire, il n'y a aucun doute; les civilisations finiront par se retrouver: Dans notre pays l'art croisé, dans ce qu'il a de local et d'assimilié, en est le témoin!

 

Dr. Fouad Salloum

  

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