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Those Who Remain – ميّل يا غزيّل

Photos from the film: 

 

 

 

 

Press release:

 

Antoine Daher (ELLE cinéma 27-2-2017)

TERRE, NATURE ET EXCLUSIONS

Prix spécial du jury du Festival International du Film de Dubaï cette année, "Those who remain" est un documentaire saisissant.

Problèmes de terroir devenant choix de vie, obsessions des uns et ouvertures des autres, et cet autre Liban que peu connaissent, Eliane Raheb nous invite à déguster son dernier cru de 95 minutes.

Après le retentissant succès de "Layali Bala Noom" (Nuits sans sommeil) s’intéressant au Beyrouth des disparus et des faiseurs de guerre, c’est vers le nord du nord du Liban qu’Eliane Raheb est allée piocher un coin, des gens et plusieurs histoires.

 

CONTRASTES ET DIVERSITÉS

Chambouc est un lieu-dit surplombant, à 1100 mètres, les quartiers de Kobayat. Un homme, Haykal, y vit, accroché à sa terre et à un mode de vie solitaire.

Son auberge est un vrai carrefour où se croisent des gens d’un microcosme très diversifié. Aux pieds de Karm Chbat, forêt de cèdres, sapins et genévriers jouxtant Qammouaa et ses splendeurs naturelles, l’endroit qui fait partie de Kobayat maronite, donne sur Beit Jaafar chiite, dans le Akkar majoritairement sunnite. Un lieu qui se complaît, serein et insouciant, à quelques kilomètres de la Syrie qui bouillonne. Chambouc n’est rien d’autre qu’un Liban en miniature, riche en histoires et points d’interrogation.

Et en contrastes. La terre et l’attrait de la vie moderne, le village et la ville, la laïcité et le confessionnalisme, l’ouverture et le sectarisme, l’amour de la nature et ces camions de la pollution et de la destruction qui arrachent sable et pierres du ventre des carrières minant les forêts du Akkar et du Hermel, avec l’approbation du pouvoir qui ferme les yeux… 

 

 

L’HOMME TERROIR

Dans ce Chambouc de la solitude, Haykal a élu domicile et vie. Il y est près de la terre qu’il cultive, de ses animaux et de ses idées qu’il met en pratique. Loin de philosopher la chose, il la vit. La région grouille de mille et une histoires d’extrémistes ayant capturé des promeneurs par-ci, par-là, des gens transitant du Akkar au Hermel, des Daesh qui seraient sur le point d’attaquer, etc. Haykal n’en a que faire.

Vivant en paix dans son milieu et avec lui-même, il n’a pas peur de l’autre. Même pas de l’avenir. La terre est sa confiance et son ancrage. Alors qu’il a à affronter tous les jours la poussière des camions venant des carrières, la chute des prix des produits agricoles, les répercussions économiques et politiques de la crise en Syrie et un confessionnalisme sectaire et montant, il persiste et signe son choix définitif de rester à Chambouc. Pourtant, tout l’incite à partir. Il est vétérinaire, il peut trouver partout du travail, ses enfants sont entre Beyrouth et des capitales d’Europe. Mais non. Il sent que plus que jamais, il a à défendre son projet, rien qu’avec ses deux mains qui n’arrêtent pas d’œuvrer. 

 

LE STYLE RAHEB

Très prisé dans le Akkar, le kebbé Raheb est un plat végétarien fait à base de bourghoul et de lentilles. Le cinéma Raheb y ressemble un peu. Mayyil Ya Ghzayyil est bien végétarien dans son ambiance et ses visuels.

Superbes paysages, des saisons qui se suivent et qui se laissent filmer par Jocelyne Abi Saab, laquelle a de la suite dans les images. Nous sommes emportés dans un Liban autre, plus vrai, plus simple, et très beau. Eliane Raheb, qui sait transposer à l’écran la complexité d’une réalité plurielle, a su voir du cinéma dans le quotidien d’un homme seul, livré à son terroir. "À son niveau, et à sa manière, cet homme affronte et résout des problèmes du même ordre que ceux qui pèsent sur le pays alors que nous ne savons pas comment y remédier, dit Eliane. Sans trop théoriser, il y va. Paisible, heureux et décidé". Et la vie continue, avec ceux qui restent.

 

Antoine Daher 

(ELLE cinéma 27-2-2017)

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Jeudi 23 mars 2017, l'orient le jour
Cinéma: Le Liban et son éventail de films hauts en couleur

« Those Who Remain » d'Éliane Raheb.
Ce documentaire de 95 minutes suit la vie quotidienne de Haïkal, paysan et agriculteur qui vit à Shambouk, au nord du Liban, à quelques kilomètres des frontières syriennes. À travers les quatre saisons, la nature qui change, donnant à voir une sublime palette de couleurs, la cinéaste interroge Haïkal et décrypte cet attachement à la terre dans un climat géopolitique très dur où les multiples confessions s'imbriquent, formant un tableau complexe. On est déjà familiarisé avec le travail de cette cinéaste laborieuse qui passe parfois deux ans à produire un film, ; à son style mi-documentaire, mi-reportage qui inspecte, fouille, sonde les personnages jusqu'à leur profond intime. Après Sleepless Nights en 2012, Éliane Raheb présente un film moins tourmenté, teinté de douceur, d'humour et d'espoir. Plus lumineux que le précédent, Those Who Remain est une belle leçon de vie. Espérons qu'il pourra atteindre le plus grand public possible et qu'il pourra faire le tour des villages et des municipalités.

Ref: https://www.lorientlejour.com/article/1042357/le-liban-et-son-eventail-de-films-hauts-en-couleur.html