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Visite pastorale triomphale
pour Sfeir au Liban-Nord
Par Fady NOUN | 17/05/2010 l'Orient le jour.
Le patriarche maronite accueilli à Tripoli par
Mme Nayla Moawad et le mufti de Tripoli.
Communautés Pour son 91e anniversaire, le patriarche maronite
Nasrallah Sfeir s'est offert une tournée pastorale au Liban-Nord, où
il a notamment visité Tripoli, Halba, Kobeyate et Bayno, et posé la
première pierre du siège d'été de l'archevêché maronite de Tripoli.
Pour son 91e anniversaire, et pour la première fois depuis son
élection au patriarcat maronite, en 1986, le patriarche maronite, le
cardinal Nasrallah Sfeir, a effectué hier une importante tournée
pastorale au Liban-Nord, où il a notamment visité Tripoli, Halba,
Kobeyate et Bayno.
La tournée du patriarche a été entourée d'un faste exceptionnel par
ses organisateurs et a été marquée par des accueils populaires
triomphants, hauts en couleur. Elle a donné l'occasion au patriarche
d'insister à nouveau sur la vocation du Liban d'être le lieu d'une
convivialité islamo-chrétienne inconditionnelle et indépendante du
nombre.
Accueillant à Halba le chef de l'Église
maronite, le mufti du Akkar, cheikh Oussama Rifaï, a repris l'une
des idées-forces du Premier ministre, Saad Hariri, qui avait affirmé,
au cours de la dernière campagne des législatives : « Nous avons
arrêté de compter. » Entendre, la loi du nombre ne joue plus, la
parité islamo-chrétienne s'appliquera désormais au Parlement, quelle
que soit l'importance numérique des chrétiens du Liban, par rapport
au nombre total des Libanais.
Du reste, l'un des thèmes récurrents de la tournée pastorale du
patriarche a été celui de l'enracinement des chrétiens dans leur
région. À Kobeyate, le patriarche a inauguré les bureaux d'une
compagnie informatique « Soft Solution », localisée sur place par
son propriétaire, Nehmé Tok, dans l'intention expresse de créer des
emplois et d'épargner à ses employés l'exode vers la ville.
La tournée patriarcale a commencé par une visite au siège de
l'archevêché maronite de Tripoli, où le patriarche, accompagné,
notamment, de l'archevêque maronite de Tripoli, Mgr Georges
Aboujaoudé, s'est avancé dans une atmosphère de liesse populaire,
sous une pluie de riz et de pétales de roses, au carillon des
cloches et aux cris de bienvenue des femmes. Sur place, des
représentants des principaux chefs politiques de la ville, d'Omar
Karamé à Nagib Mikati, sans oublier le mufti de Tripoli, en personne,
cheikh Malek el-Chaar, à la tête d'une délégation d'ulémas, ainsi
que Mme Nayla Moawad et l'ancien député Misbah el-Ahdab.
«
Sur les pas du prince de la paix »
Accueillant le patriarche, cheikh Malek el-Chaar l'a décrit comme
étant « l'homme de l'entente et l'un des piliers du Liban ». « Les
Libanais doivent rester conscients du fait que le Liban est un
message au monde », a encore affirmé le mufti, se référant ainsi à
un slogan forgé par le pape Jean-Paul II.
Le patriarche a également été décrit comme étant « le verrou de
sécurité du Liban » par l'un des orateurs présents, Bassam Khodr
Agha.
En cadeau symbolique, le patriarche devait recevoir des échantillons
de savon parfumé, l'un des artisanats les plus typiques et les plus
prospères de la capitale du Liban-Nord.
Le convoi patriarcal a ensuite pris le chemin de Halba, traversant
des villages pavoisés de drapeaux libanais et de banderoles
d'accueil sur lesquelles on pouvait lire : « Bienvenue à la
conscience du Liban ». Le convoi devait s'arrêter dans le petit
village maronite de Tleil, où le patriarche a été salué par des
cavaliers en costume traditionnel.
À Halba, le mufti devait accueillir le patriarche en « homme de paix
marchant sur les pas du prince de la paix ». « Les musulmans et les
chrétiens du Akkar vous souhaitent la bienvenue », disait l'une des
banderoles tendues sur place. À son tour, le patriarche devait
prononcer quelques phrases de remerciements, où à côté de son
insistance sur les constantes nationales, il devait prononcer trois
mots extraits de la Constitution et chers à tous les habitants du
Akkar : « Développement équilibré des régions. »
Kobeyate
L'arrivée du patriarche à Kobeyate devait être marquée par une
extraordinaire ferveur populaire. Le programme de cette halte
principale a commencé par la cérémonie de pose de la première pierre
du siège d'été de l'archevêché maronite de Tripoli, suivie d'une
messe célébrée en l'église miraculeuse de Notre-Dame de la
purification. Dans son homélie, axée sur l'amour chrétien, le
patriarche a rappelé que « si le Christ a dit du commandement
d'amour qu'il était un commandement nouveau, c'est parce qu'en
raison de la rapidité avec laquelle on l'oublie, il demeure nouveau
».
Avant de déjeuner à la table des carmélites, qui possèdent un
couvent à Kobeyate, le patriarche devait bénir les locaux de
l'entreprise « Soft Solution » et se rendre à l'hospice des
vieillards tenu par Caritas, adressant un mot aimable à ses
pensionnaires et à son personnel.
Le patriarche s'est ensuite rendu à Bayno, en passant par Andkit,
dont il a reçu la clé symbolique, puis en empruntant une route
tracée par Issam Farès, bénissant le site sur lequel doit s'élever
le bâtiment d'un nouvel institut technologique qui sera rattaché à
l'Université de Balamand, et longeant une région d'une beauté à
couper le souffle, érigée par l'ancien ministre comme réserve
naturelle.
Le
développement, synonyme de paix
Bourgade grecque orthodoxe, village natal d'Issam Farès, qui met
régulièrement à la disposition du patriarche son avion personnel,
Bayno a réservé un accueil extraordinaire au patriarche. La
cérémonie s'est tenue au domicile de M. Farès, en présence notamment
de l'évêque du Akkar, Mgr Basilios Mansour, de Hala Farès, épouse
d'Issam Farès, et de son fils Michel.
Dans un discours de bienvenue prononcé au nom du patriarche Hazim,
Mgr Basilios a parlé du Akkar comme d'une région « dont les portes
ne laissent passer que les vents de la concorde et de la modestie,
et dont le seuil n'est franchi que par les hommes de bien ». Avec
des accents pathétiques, il a demandé au patriarche d'user de son
influence pour obtenir que Beyrouth s'occupe du développement des
régions périphériques, dont les villages qui se vident de leurs
habitants. Et d'insister aussi sur l'importance de la signature des
décrets d'exécution de la décision en vertu de laquelle le Akkar a
été érigé en mohafazat.
Pour sa part, en écho à cette urgence, un responsable municipal de
la région, Sajih Attié, devait rappeler ces mots devenus proverbiaux
du pape Paul VI dans l'une de ses encycliques : « Le développement
est le nouveau nom de la paix. »
Après avoir pris livraison des clés de la ville et d'une icône de
Notre-Dame de style byzantin, le patriarche s'est fait un plaisir de
couper un gâteau d'anniversaire préparé par Mme Hala Farès, avant
d'avoir un entretien téléphonique avec l'ancien ministre. Sur le
chemin du retour, le patriarche devait s'offrir deux nouveaux et
brefs bains de foule à Beit Mellat et Bkerzla. |